Logement pérenne pour vie sereine
https://voirceque.blogspot.com/2021/02/logement-perenne-pour-vie-sereine.html
Ils habitaient avec leur famille en squat. Il y a 20 ans, ils ont été relogés par l'Association Pour Loger qui mise sur l'habitat ...


Lorem Ipsum passages, and more recently with desktop publishing software.

Lorem Ipsum passages, and more recently with desktop publishing software.


Lorem Ipsum has been the industry's standard dummy text ever since. Lorem Ipsum is simply dummy text of the printing and typesetting industry. Lorem Ipsum has been the industry's standard dummy text ever since.
Lorem Ipsum has been the industry's standard dummy text ever since. Lorem Ipsum is simply dummy text of the printing and typesetting industry. Lorem Ipsum has been the industry's standard dummy text ever since.
Lorem Ipsum has been the industry's standard dummy text ever since. Lorem Ipsum is simply dummy text of the printing and typesetting industry. Lorem Ipsum has been the industry's standard dummy text ever since.

Lorem Ipsum passages, and more recently with desktop publishing software.







Lorem Ipsum passages, and more recently with desktop publishing software.

Worldwide Clients
Projects Completed
Cups of Coffee
Lorem Ipsum has been the industry's standard dummy text.
Lorem Ipsum has been the industry's standard dummy text.
It is a long established fact that a reader will be distracted by the readable content of a page when looking at its layout. The point of using Lorem Ipsum is that it has a more-or-less normal distribution of letters, as opposed to using 'Content here, content here'. Lorem Ipsum has been the industry's standard dummy text ever since.
Lorem Ipsum is simply dummy text of the printing and typesetting has been the industry's.
It is a long established fact that a reader will be distracted by the readable content of a page when looking at its layout. The point of using Lorem Ipsum is that it has a more-or-less normal distribution of letters, as opposed to using 'Content here, content here'. Lorem Ipsum has been the industry's standard dummy text ever since.
212 du Faubourg Saint-Antoine 75012 Paris. M. Sissoko, Mme Dembele et Mme Doumbia ont en commun d'avoir partagé la même adresse voici une vingtaine d'années. Celle d'un squat où ils vivaient, avec leurs familles, dans une insalubrité sans pareille.
Tour à tour, ils vont nous raconter l'histoire de cette vie et le moment où ils l'ont quittée pour de bon en posant leurs valises dans un logement où ils pouvaient enfin se projeter durablement et vivre sereinement.
"[Dans le squat] il y avait un fardeau qui pesait sur nous, comme une épée de Damoclès. Parce ce qu'on n'était sûrs de rien. Quand on vous décharge de ça et qu'on vous met dans un truc stable, tu as tout le temps de t'épanouir, de vivre ta vie", explique Madane Sissoko qui a vécu au 212 avec sa femme et ses deux premiers enfants.
"C'était un premier grand pas vers l'intégration"
Il se souvient des rats, de l'eau et des peintures au plomb, de la vétusté, dangereuse, des locaux. Mais il se souvient aussi de la solidarité, de l'action des associations.
Il se souvient avec émotion de son nouveau chez lui, de leur nouveau chez eux. Là où la famille s'est agrandie, là où elle vit encore aujourd'hui.
"Pour nous, à l'époque, c'était inimaginable (...) J'étais heureux de venir mettre mes enfants à l'abri. C'était un premier grand pas vers l'intégration", confie-t-il, fier d'un parcours qu'il ne pouvait, alors, imaginer."
L'ironie du sort est sans doute que M. Sissoko, heureux père de 5 enfants, est désormais ... gardien d'immeuble.
Sur ses enfants deux sont nés dans le squat. Aujourd'hui son ainé, 22 ans, est surveillant dans une école tandis que son cadet à 21 ans cherche sa voie. Les autres sont en seconde au lycée, au collège en 6ème et au primaire en CM2...
Paul Duarte, de l'association Pour Loger, revient sur la genèse du choix d'acheter pour louer aux familles en squat. "Parce que le monde HLM n'en voulait pas, les bailleurs privés non plus. On a été obligés de faire le choix d'acheter des appartements pour reloger ces familles."
L'association, notamment soutenue à l'époque par la Fondation Abbé Pierre, a ainsi acquis une trentaine de logements.
"Il était hors de question de mettre des familles dans des logements passerelles ou dans des appartements tiroirs où on les met pendant deux, trois ans. Les logements passerelles n'ont une utilité que si la famille le demande. Mais ça représente très peu de familles en réalité, explique-t-il.
[La majeure partie] des familles ce sont des gens qui ont besoin d'un logement sûr et pérenne. Un logement de droit commun où ils rentrent et où ils peuvent enfin se construire."
Des achats dans du diffus pour favoriser la mixité sociale
Le fait que 20 ans plus tard les familles y vivent encore tient sans doute aussi au processus de choix d'acquisition. "On demandait aux familles où elles voulaient habiter, où elles se sentaient le mieux, où elles étaient plus proches de leur travail (...)
On regardait nos possibilités d'achat sur 2 ou 3 logements et ensuite on allait avec elle, parce que c'est important d'avoir le choix de son environnement.
(...) On a choisi, avec elles, des logements dans des petites résidences, pour pouvoir installer ces familles dans une sorte de mixité de sociale, dans un environnement qui soit favorable pour l'évolution des enfants à l'école etc."
"Un jour ils sont venus nous voir pour nous faire visiter un appartement à Saint-Denis. On a dit oui tout de suite. Ce jour-là on n’a pas dormi de la nuit."
"On n’y croyait pas. C’était l’appartement de notre rêve", se souvient Sadio le sourire aux lèvres.
"Pour moi c’était un nouveau départ", estime sa mère. Un départ, et semble-t-il le bon. " Moi je pense que ce que voulait mon père c’est la réussite de ses enfants. Et c'est ce que nous avons fait… Tout le monde a une situation, l’école, le travail", explique Sadio qui vient tout juste de se marier.
A 37 ans, elle travaille en crèche et va quitter l'appartement familial, tout comme sa soeur cadette, 33 ans, l'avait fait auparavant. Mariée elle s'occupe de ses 2 enfants.
Chez les Dembélé, les deux premiers fils, respectivement 36 et 35 ans, sont mariés et pères de 1 et de deux enfants. Ils travaillent tout deux dans la livraison.
Des 3 derniers, des garçons, l'un (31 ans) travaille et n'est pas marié, l'autre (26 ans) est en recherche d'emploi, tandis que le benjamin (24 ans) est actuellement en formation.
Mme Dembélé se dit tout à fait "satisfaite".
Tout ne s'est toutefois pas fait sans peine pour lancer ses enfants dans la vie. Car, une fois installée, la famille a dû, au départ, faire face aux préjugés. "Il n'y avait pas de mixité sociale quand nous sommes arrivés, témoigne Sadio. Donc au début nous étions visés.
A un moment nous en avons eu marre et nous avons commencé à nous affirmer pour dire que ça n’était pas comme ça qu’il fallait faire les choses, qu’il fallait aussi qu’ils communiquent avec nous. Ça c’est apaisé.
Au final on est amis avec tout le monde dans le bâtiment !!! Ça prend du temps mais ça fonctionne", conclut-elle dans un large sourire communicatif.
Avec Aïssata Doumbia, c'est une femme debout que vous rencontrez. Une battante aux valeurs simples qui force le respect.
L’être humain est toujours au milieu. Tu te sens pauvre, il y en a qui sont plus pauvres que toi. Tu te sens riche, il y en a qui sont plus riches que toi. Alors il faut juste être franc, gentil, droit. Si tu peux aider les autres, aide.
"Au moins vous vous sentez quelqu’un comme les autres"
Je croyais Pour Loger, quand ils parlaient de nous reloger. Marie-France, Paul, Gilles, c’étaient des humanistes.
Quand je suis venue la première fois [dans mon nouveau logement], ça n’avait rien à voir avec le 212. Au moins vous vous sentez quelqu’un comme les autres.
Quand vous habitez dans des maisons comme ça (les squats, ndlr) vous vous sentez bas, dévalorisés. Même si vous êtes la plus grande du monde, vous n’allez jamais vous sentir comme les autres.
Du moment que vous voyez les immeubles beaux et grands, que vous avez une clé pour rentrer : quelle chance! J’avais 4 enfants quand je suis arrivée à Créteil. En un mot ça change tout ! Tu sors de la pauvreté et de la galère et tu rentres dans le … luxe.
Je pensais à la stabilité et à l’avenir de mes enfants. Surtout que le quartier était calme et simple. Je me suis dit qu’ils allaient pouvoir étudier librement."
Rétrospectivement, pour elle, son parcours est une réussite. Une réussite qu'elle attribue aux rencontres, mais aussi à ses parents et à l'éducation qu'ils lui ont donnée.
"Je me dit que tout ça c’est grâce à leur éducation, C’est grâce à ça que je n’ai pas pris l’autre chemin. Quand on vient de l’étranger, soit tu es bien éduquée et tu prends le bon chemin, soit à la base tu n’es pas bien éduquée et tu vas faire autrement pour réussir vite…
J’ai eu tout ce que je voulais au pays. Quand on n’a pas une bonne situation ici on ne peut rien faire là-bas. On peut faire 100 ans ici sans rien faire là-bas. Faire quelque chose au pays ça n’est pas évident, ça n’est pas donné à tout le monde."
Et c'est en partie grâce à sérénité d'un logement pérenne qu'elle a pu construire sa vie et celle de ses enfants.
Ces histoires de vie sont autant de preuves vivantes de ce que permet un logement stable. Il changent les trajectoires pour que des parents puissent se projeter et se mettre sur leurs propres rails. Pour eux, mais plus encore pour leurs enfants : leurs plus belles réussites.
"Le logement est un droit pas un luxe"
En visionnant et en écoutant les différents témoignages, Laurent Desmard a tenu à réagir et partager son sentiment quant au droit au logement pérenne et à la pertinence du "logement d'abord".
Et quand il entend Mme Doumbia dire que le fait d'avoir un appartement, avec une clé, était "un luxe", il s'insurge et martèle "que c'est un droit ! (...) L'obligation de pouvoir accomplir ma vie me donne de droit au logement !".
"Donner ce qu'il faut à ses enfants pour qu'ils puissent accomplir leur vie est essentiel (...) et ça devrait être le but de la République de donner à tous la possibilité de pouvoir accomplir son existence".
Quant au logement pérenne, il estime qu'il est "important d'avoir un logement de manière définitive". Autrement "vous ne pouvez pas vous implanter. Vous ne pouvez pas vous construire".
De ces témoignages, il retient que "la Fondation a raison de se battre". Et ces paroles qu'il a attentivement écoutées font chaud au coeur. Elles font du bien et valident le combat de la Fondation. Des paroles "qu'il faudrait qu'on puisse offrir à nos donateurs", parce qu'elles incarnent ce pour quoi ils soutiennent justement la Fondation.
Ut enim ad minima veniam, quis nostrum exercitationem ullam corporis suscipit.
Ut enim ad minima veniam, quis nostrum exercitationem ullam corporis suscipit.
Ut enim ad minima veniam, quis nostrum exercitationem ullam corporis suscipit.
212 du Faubourg Saint-Antoine 75012 Paris. M. Sissoko, Mme Dembele et Mme Doumbia ont en commun d'avoir partagé la même adresse voici une vingtaine d'années. Celle d'un squat où ils vivaient, avec leurs familles, dans une insalubrité sans pareille.
Tour à tour, ils vont nous raconter l'histoire de cette vie et le moment où ils l'ont quittée pour de bon en posant leurs valises dans un logement où ils pouvaient enfin se projeter durablement et vivre sereinement.
"[Dans le squat] il y avait un fardeau qui pesait sur nous, comme une épée de Damoclès. Parce ce qu'on n'était sûrs de rien. Quand on vous décharge de ça et qu'on vous met dans un truc stable, tu as tout le temps de t'épanouir, de vivre ta vie", explique Madane Sissoko qui a vécu au 212 avec sa femme et ses deux premiers enfants.
"C'était un premier grand pas vers l'intégration"
Il se souvient des rats, de l'eau et des peintures au plomb, de la vétusté, dangereuse, des locaux. Mais il se souvient aussi de la solidarité, de l'action des associations.
Il se souvient avec émotion de son nouveau chez lui, de leur nouveau chez eux. Là où la famille s'est agrandie, là où elle vit encore aujourd'hui.
"Pour nous, à l'époque, c'était inimaginable (...) J'étais heureux de venir mettre mes enfants à l'abri. C'était un premier grand pas vers l'intégration", confie-t-il, fier d'un parcours qu'il ne pouvait, alors, imaginer."
L'ironie du sort est sans doute que M. Sissoko, heureux père de 5 enfants, est désormais ... gardien d'immeuble.
Sur ses enfants deux sont nés dans le squat. Aujourd'hui son ainé, 22 ans, est surveillant dans une école tandis que son cadet à 21 ans cherche sa voie. Les autres sont en seconde au lycée, au collège en 6ème et au primaire en CM2...
Paul Duarte, de l'association Pour Loger, revient sur la genèse du choix d'acheter pour louer aux familles en squat. "Parce que le monde HLM n'en voulait pas, les bailleurs privés non plus. On a été obligés de faire le choix d'acheter des appartements pour reloger ces familles."
L'association, notamment soutenue à l'époque par la Fondation Abbé Pierre, a ainsi acquis une trentaine de logements.
"Il était hors de question de mettre des familles dans des logements passerelles ou dans des appartements tiroirs où on les met pendant deux, trois ans. Les logements passerelles n'ont une utilité que si la famille le demande. Mais ça représente très peu de familles en réalité, explique-t-il.
[La majeure partie] des familles ce sont des gens qui ont besoin d'un logement sûr et pérenne. Un logement de droit commun où ils rentrent et où ils peuvent enfin se construire."
Des achats dans du diffus pour favoriser la mixité sociale
Le fait que 20 ans plus tard les familles y vivent encore tient sans doute aussi au processus de choix d'acquisition. "On demandait aux familles où elles voulaient habiter, où elles se sentaient le mieux, où elles étaient plus proches de leur travail (...)
On regardait nos possibilités d'achat sur 2 ou 3 logements et ensuite on allait avec elle, parce que c'est important d'avoir le choix de son environnement.
(...) On a choisi, avec elles, des logements dans des petites résidences, pour pouvoir installer ces familles dans une sorte de mixité de sociale, dans un environnement qui soit favorable pour l'évolution des enfants à l'école etc."
"Un jour ils sont venus nous voir pour nous faire visiter un appartement à Saint-Denis. On a dit oui tout de suite. Ce jour-là on n’a pas dormi de la nuit."
"On n’y croyait pas. C’était l’appartement de notre rêve", se souvient Sadio le sourire aux lèvres.
"Pour moi c’était un nouveau départ", estime sa mère. Un départ, et semble-t-il le bon. " Moi je pense que ce que voulait mon père c’est la réussite de ses enfants. Et c'est ce que nous avons fait… Tout le monde a une situation, l’école, le travail", explique Sadio qui vient tout juste de se marier.
A 37 ans, elle travaille en crèche et va quitter l'appartement familial, tout comme sa soeur cadette, 33 ans, l'avait fait auparavant. Mariée elle s'occupe de ses 2 enfants.
Chez les Dembélé, les deux premiers fils, respectivement 36 et 35 ans, sont mariés et pères de 1 et de deux enfants. Ils travaillent tout deux dans la livraison.
Des 3 derniers, des garçons, l'un (31 ans) travaille et n'est pas marié, l'autre (26 ans) est en recherche d'emploi, tandis que le benjamin (24 ans) est actuellement en formation.
Mme Dembélé se dit tout à fait "satisfaite".
Tout ne s'est toutefois pas fait sans peine pour lancer ses enfants dans la vie. Car, une fois installée, la famille a dû, au départ, faire face aux préjugés. "Il n'y avait pas de mixité sociale quand nous sommes arrivés, témoigne Sadio. Donc au début nous étions visés.
A un moment nous en avons eu marre et nous avons commencé à nous affirmer pour dire que ça n’était pas comme ça qu’il fallait faire les choses, qu’il fallait aussi qu’ils communiquent avec nous. Ça c’est apaisé.
Au final on est amis avec tout le monde dans le bâtiment !!! Ça prend du temps mais ça fonctionne", conclut-elle dans un large sourire communicatif.
Avec Aïssata Doumbia, c'est une femme debout que vous rencontrez. Une battante aux valeurs simples qui force le respect.
L’être humain est toujours au milieu. Tu te sens pauvre, il y en a qui sont plus pauvres que toi. Tu te sens riche, il y en a qui sont plus riches que toi. Alors il faut juste être franc, gentil, droit. Si tu peux aider les autres, aide.
"Au moins vous vous sentez quelqu’un comme les autres"
Je croyais Pour Loger, quand ils parlaient de nous reloger. Marie-France, Paul, Gilles, c’étaient des humanistes.
Quand je suis venue la première fois [dans mon nouveau logement], ça n’avait rien à voir avec le 212. Au moins vous vous sentez quelqu’un comme les autres.
Quand vous habitez dans des maisons comme ça (les squats, ndlr) vous vous sentez bas, dévalorisés. Même si vous êtes la plus grande du monde, vous n’allez jamais vous sentir comme les autres.
Du moment que vous voyez les immeubles beaux et grands, que vous avez une clé pour rentrer : quelle chance! J’avais 4 enfants quand je suis arrivée à Créteil. En un mot ça change tout ! Tu sors de la pauvreté et de la galère et tu rentres dans le … luxe.
Je pensais à la stabilité et à l’avenir de mes enfants. Surtout que le quartier était calme et simple. Je me suis dit qu’ils allaient pouvoir étudier librement."
Rétrospectivement, pour elle, son parcours est une réussite. Une réussite qu'elle attribue aux rencontres, mais aussi à ses parents et à l'éducation qu'ils lui ont donnée.
"Je me dit que tout ça c’est grâce à leur éducation, C’est grâce à ça que je n’ai pas pris l’autre chemin. Quand on vient de l’étranger, soit tu es bien éduquée et tu prends le bon chemin, soit à la base tu n’es pas bien éduquée et tu vas faire autrement pour réussir vite…
J’ai eu tout ce que je voulais au pays. Quand on n’a pas une bonne situation ici on ne peut rien faire là-bas. On peut faire 100 ans ici sans rien faire là-bas. Faire quelque chose au pays ça n’est pas évident, ça n’est pas donné à tout le monde."
Et c'est en partie grâce à sérénité d'un logement pérenne qu'elle a pu construire sa vie et celle de ses enfants.
Ces histoires de vie sont autant de preuves vivantes de ce que permet un logement stable. Il changent les trajectoires pour que des parents puissent se projeter et se mettre sur leurs propres rails. Pour eux, mais plus encore pour leurs enfants : leurs plus belles réussites.
"Le logement est un droit pas un luxe"
En visionnant et en écoutant les différents témoignages, Laurent Desmard a tenu à réagir et partager son sentiment quant au droit au logement pérenne et à la pertinence du "logement d'abord".
Et quand il entend Mme Doumbia dire que le fait d'avoir un appartement, avec une clé, était "un luxe", il s'insurge et martèle "que c'est un droit ! (...) L'obligation de pouvoir accomplir ma vie me donne de droit au logement !".
"Donner ce qu'il faut à ses enfants pour qu'ils puissent accomplir leur vie est essentiel (...) et ça devrait être le but de la République de donner à tous la possibilité de pouvoir accomplir son existence".
Quant au logement pérenne, il estime qu'il est "important d'avoir un logement de manière définitive". Autrement "vous ne pouvez pas vous implanter. Vous ne pouvez pas vous construire".
De ces témoignages, il retient que "la Fondation a raison de se battre". Et ces paroles qu'il a attentivement écoutées font chaud au coeur. Elles font du bien et valident le combat de la Fondation. Des paroles "qu'il faudrait qu'on puisse offrir à nos donateurs", parce qu'elles incarnent ce pour quoi ils soutiennent justement la Fondation.
Ut enim ad minima veniam, quis nostrum exercitationem ullam corporis suscipit.
212 du Faubourg Saint-Antoine 75012 Paris. M. Sissoko, Mme Dembele et Mme Doumbia ont en commun d'avoir partagé la même adresse voici une vingtaine d'années. Celle d'un squat où ils vivaient, avec leurs familles, dans une insalubrité sans pareille.
Tour à tour, ils vont nous raconter l'histoire de cette vie et le moment où ils l'ont quittée pour de bon en posant leurs valises dans un logement où ils pouvaient enfin se projeter durablement et vivre sereinement.
"[Dans le squat] il y avait un fardeau qui pesait sur nous, comme une épée de Damoclès. Parce ce qu'on n'était sûrs de rien. Quand on vous décharge de ça et qu'on vous met dans un truc stable, tu as tout le temps de t'épanouir, de vivre ta vie", explique Madane Sissoko qui a vécu au 212 avec sa femme et ses deux premiers enfants.
"C'était un premier grand pas vers l'intégration"
Il se souvient des rats, de l'eau et des peintures au plomb, de la vétusté, dangereuse, des locaux. Mais il se souvient aussi de la solidarité, de l'action des associations.
Il se souvient avec émotion de son nouveau chez lui, de leur nouveau chez eux. Là où la famille s'est agrandie, là où elle vit encore aujourd'hui.
"Pour nous, à l'époque, c'était inimaginable (...) J'étais heureux de venir mettre mes enfants à l'abri. C'était un premier grand pas vers l'intégration", confie-t-il, fier d'un parcours qu'il ne pouvait, alors, imaginer."
L'ironie du sort est sans doute que M. Sissoko, heureux père de 5 enfants, est désormais ... gardien d'immeuble.
Sur ses enfants deux sont nés dans le squat. Aujourd'hui son ainé, 22 ans, est surveillant dans une école tandis que son cadet à 21 ans cherche sa voie. Les autres sont en seconde au lycée, au collège en 6ème et au primaire en CM2...
Paul Duarte, de l'association Pour Loger, revient sur la genèse du choix d'acheter pour louer aux familles en squat. "Parce que le monde HLM n'en voulait pas, les bailleurs privés non plus. On a été obligés de faire le choix d'acheter des appartements pour reloger ces familles."
L'association, notamment soutenue à l'époque par la Fondation Abbé Pierre, a ainsi acquis une trentaine de logements.
"Il était hors de question de mettre des familles dans des logements passerelles ou dans des appartements tiroirs où on les met pendant deux, trois ans. Les logements passerelles n'ont une utilité que si la famille le demande. Mais ça représente très peu de familles en réalité, explique-t-il.
[La majeure partie] des familles ce sont des gens qui ont besoin d'un logement sûr et pérenne. Un logement de droit commun où ils rentrent et où ils peuvent enfin se construire."
Des achats dans du diffus pour favoriser la mixité sociale
Le fait que 20 ans plus tard les familles y vivent encore tient sans doute aussi au processus de choix d'acquisition. "On demandait aux familles où elles voulaient habiter, où elles se sentaient le mieux, où elles étaient plus proches de leur travail (...)
On regardait nos possibilités d'achat sur 2 ou 3 logements et ensuite on allait avec elle, parce que c'est important d'avoir le choix de son environnement.
(...) On a choisi, avec elles, des logements dans des petites résidences, pour pouvoir installer ces familles dans une sorte de mixité de sociale, dans un environnement qui soit favorable pour l'évolution des enfants à l'école etc."
"Un jour ils sont venus nous voir pour nous faire visiter un appartement à Saint-Denis. On a dit oui tout de suite. Ce jour-là on n’a pas dormi de la nuit."
"On n’y croyait pas. C’était l’appartement de notre rêve", se souvient Sadio le sourire aux lèvres.
"Pour moi c’était un nouveau départ", estime sa mère. Un départ, et semble-t-il le bon. " Moi je pense que ce que voulait mon père c’est la réussite de ses enfants. Et c'est ce que nous avons fait… Tout le monde a une situation, l’école, le travail", explique Sadio qui vient tout juste de se marier.
A 37 ans, elle travaille en crèche et va quitter l'appartement familial, tout comme sa soeur cadette, 33 ans, l'avait fait auparavant. Mariée elle s'occupe de ses 2 enfants.
Chez les Dembélé, les deux premiers fils, respectivement 36 et 35 ans, sont mariés et pères de 1 et de deux enfants. Ils travaillent tout deux dans la livraison.
Des 3 derniers, des garçons, l'un (31 ans) travaille et n'est pas marié, l'autre (26 ans) est en recherche d'emploi, tandis que le benjamin (24 ans) est actuellement en formation.
Mme Dembélé se dit tout à fait "satisfaite".
Tout ne s'est toutefois pas fait sans peine pour lancer ses enfants dans la vie. Car, une fois installée, la famille a dû, au départ, faire face aux préjugés. "Il n'y avait pas de mixité sociale quand nous sommes arrivés, témoigne Sadio. Donc au début nous étions visés.
A un moment nous en avons eu marre et nous avons commencé à nous affirmer pour dire que ça n’était pas comme ça qu’il fallait faire les choses, qu’il fallait aussi qu’ils communiquent avec nous. Ça c’est apaisé.
Au final on est amis avec tout le monde dans le bâtiment !!! Ça prend du temps mais ça fonctionne", conclut-elle dans un large sourire communicatif.
Avec Aïssata Doumbia, c'est une femme debout que vous rencontrez. Une battante aux valeurs simples qui force le respect.
L’être humain est toujours au milieu. Tu te sens pauvre, il y en a qui sont plus pauvres que toi. Tu te sens riche, il y en a qui sont plus riches que toi. Alors il faut juste être franc, gentil, droit. Si tu peux aider les autres, aide.
"Au moins vous vous sentez quelqu’un comme les autres"
Je croyais Pour Loger, quand ils parlaient de nous reloger. Marie-France, Paul, Gilles, c’étaient des humanistes.
Quand je suis venue la première fois [dans mon nouveau logement], ça n’avait rien à voir avec le 212. Au moins vous vous sentez quelqu’un comme les autres.
Quand vous habitez dans des maisons comme ça (les squats, ndlr) vous vous sentez bas, dévalorisés. Même si vous êtes la plus grande du monde, vous n’allez jamais vous sentir comme les autres.
Du moment que vous voyez les immeubles beaux et grands, que vous avez une clé pour rentrer : quelle chance! J’avais 4 enfants quand je suis arrivée à Créteil. En un mot ça change tout ! Tu sors de la pauvreté et de la galère et tu rentres dans le … luxe.
Je pensais à la stabilité et à l’avenir de mes enfants. Surtout que le quartier était calme et simple. Je me suis dit qu’ils allaient pouvoir étudier librement."
Rétrospectivement, pour elle, son parcours est une réussite. Une réussite qu'elle attribue aux rencontres, mais aussi à ses parents et à l'éducation qu'ils lui ont donnée.
"Je me dit que tout ça c’est grâce à leur éducation, C’est grâce à ça que je n’ai pas pris l’autre chemin. Quand on vient de l’étranger, soit tu es bien éduquée et tu prends le bon chemin, soit à la base tu n’es pas bien éduquée et tu vas faire autrement pour réussir vite…
J’ai eu tout ce que je voulais au pays. Quand on n’a pas une bonne situation ici on ne peut rien faire là-bas. On peut faire 100 ans ici sans rien faire là-bas. Faire quelque chose au pays ça n’est pas évident, ça n’est pas donné à tout le monde."
Et c'est en partie grâce à sérénité d'un logement pérenne qu'elle a pu construire sa vie et celle de ses enfants.
Ces histoires de vie sont autant de preuves vivantes de ce que permet un logement stable. Il changent les trajectoires pour que des parents puissent se projeter et se mettre sur leurs propres rails. Pour eux, mais plus encore pour leurs enfants : leurs plus belles réussites.
"Le logement est un droit pas un luxe"
En visionnant et en écoutant les différents témoignages, Laurent Desmard a tenu à réagir et partager son sentiment quant au droit au logement pérenne et à la pertinence du "logement d'abord".
Et quand il entend Mme Doumbia dire que le fait d'avoir un appartement, avec une clé, était "un luxe", il s'insurge et martèle "que c'est un droit ! (...) L'obligation de pouvoir accomplir ma vie me donne de droit au logement !".
"Donner ce qu'il faut à ses enfants pour qu'ils puissent accomplir leur vie est essentiel (...) et ça devrait être le but de la République de donner à tous la possibilité de pouvoir accomplir son existence".
Quant au logement pérenne, il estime qu'il est "important d'avoir un logement de manière définitive". Autrement "vous ne pouvez pas vous implanter. Vous ne pouvez pas vous construire".
De ces témoignages, il retient que "la Fondation a raison de se battre". Et ces paroles qu'il a attentivement écoutées font chaud au coeur. Elles font du bien et valident le combat de la Fondation. Des paroles "qu'il faudrait qu'on puisse offrir à nos donateurs", parce qu'elles incarnent ce pour quoi ils soutiennent justement la Fondation.
It is a long established fact that a reader will be distracted by the readable content of a page when looking at its layout. The point of using Lorem Ipsum is that it has a more-or-less normal distribution of letters, as opposed to using 'Content here, content here'.
Ils habitaient avec leur famille en squat. Il y a 20 ans, ils ont été relogés par l'Association Pour Loger qui mise sur l'habitat ...